Hajar Raissouni/Facebook |
Suite à l'éclatement de l'affaire de Hajar Raissouni au grand jour, la journaliste travaillant pour le journal arabophone Akhbar Al Yaoum et poursuivie en état de détention avec son fiancé, un médecin, son assistant et sa secrétaire, pour « avortement » et « relations sexuelles hors mariage », les deux principaux sites francophones d'information au Maroc qui se disent "indépendants" malgré le fait qu'au Maroc, il n'y a pas de place pour le journalisme indépendant, à savoir Le Desk et Yabiladi ont dérapé en relayant des allégations provenant de sources policières et sécuritaires peu scrupuleux pour étayer leurs articles d'information dans cette affaire.
Mais c'est un article de site Le Desk qui a soulevé un tollé, intitulé "Affaire Raissouni: la défense de l'accusée contredite par l'enquête et le contre-examen médical", l'article rapporte directement une enquête en détails dite de "la police des moeurs" de Rabat, qui conclut que la journaliste a avorté clandestinement dans une clinique à Rabat.
En publiant dans ses moindres détails le contenu du rapport de la police des mœurs @LeDesk_ma viole la vie privée de Hajar Raissouni une seconde fois.— Lylou Slass (@Lylou20) September 5, 2019
Rien n'est oublié, ni l'aspirateur, ni les compresses imbibées de sang.
Un bel exemple de journalisme d'investigation #FreeHajar https://t.co/1ACQFJ5cq6
Bande de connards voyeuristes répugnants. Vive l'éditorialisme "indépendant" au #Maroc@edwyplenel le journalisme d'investigation féministe de @Mediapart mérite meilleures alliances au Maroc https://t.co/liYjpNxSXu— Laila Zidi 🦋 (@ZidiLaila) September 5, 2019
Les internautes ont fustigé le site d'information sur le fait de violer la vie privée et l'intimité de l'interpellée, et de s'ériger en canal pour diffuser les rapports pour ne pas dire la propagande de la police politique, alors que le site d'information n'hésite pas à se présenter comme un média de journalisme d'investigation.
Après quoi le site revient avec un autre article intitulé "Affaire Raissouni: ce qu'il faut retenir à ce stade au-delà de la polémique stérile" pour se défendre et maintenir son attitude, en estimant que les détracteurs de site confondent "les règles régissant le respect dû à la vie privée et celle encadrant le droit à l'information".
De l'autre côté, le site Yabiladi a dressé un titre affirmatif pour l'un de ses articles en reprenant l'information d'un site de propagande et de diffamation financé par la police politique.
L'article en question a été intitulé "Maroc : Un rapport médical confirme l’IVG de Hajar Raissouni". Les personnes qui ne savent pas la réalité au Maroc, croiront qu'il s'agit d'un rapport publié par un média indépendant et crédible, alors que le prétendu rapport en question a été publié par le site Barlamane, et rapporté par Yabiladi malgré le fait que celui-ci indique dans l'article que l’avocat de la journaliste, contredit le contenu du compte-rendu publié.
Barlamane est un site policier réputé proche des services de renseignements, et c'est le site qui a diffusé une vidéo où l’on voit Nasser Zefzafi montrer son corps. Ceux qui sont derrière le site n'ont reçu aucune punition malgré une plainte de Nasser Zefzafi.
Alors comment peut-on informer de manière respectueuse en citant des "médias" de propagande comme source d'information et en diffusant des rapports et des communiqués rédigés par la police politique ?
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