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| Manifestation à Alger le 21 juin 2019/ Reuters |
Cette poussée d’adrénaline du pouvoir algérien, représenté par le soldat Caïd Salah ne saurait être autre chose que l’expression, non d’un incident banal, passager, mais d’une vieille hostilité et animosité systématique, contre l’identité, les valeurs, et la culture amazighe, dans toutes ses expressions, en Algérie et en Afrique du Nord. Nous le savons aussi que cette agression et attaque grave vise en premier lieu la Kabylie, l’un des principaux foyer de résistance culturelle amazighe. Nous avons là une hostilité qui est inscrite dans le fonctionnement de l’Etat/pouvoir et prégnante dans la société puisqu’elle a ses penseurs, ses acteurs et ses missionnaires qui sont coutumiers de l’incitation à la haine raciale, et agissent dans l’impunité totale, si ce n’est sous la protection du pouvoir lui-même.
J’irai plus loin, c’est plus que de l’hostilité systématique, c’est du fascisme et un geste littéralement du colonialisme, consubstantiellement lié à ce pouvoir, puisqu’il est illégitime et contre le peuple. Le pouvoir en place, donne là, la démonstration qu’il ne respecte ni la constitution, ni l’esprit des institutions, ni les fondements de l’Etat ni les mécanismes du gouvernement démocratique d’un peuple souverain.
Au fond, ce type d’approche -représenter les autochtones comme venant d’ailleurs et d’agents de je ne sais quelle puissance étrangère et qu’ils sont minoritaires- n’a ni queue ni tête et appartient à un passé et ses chapitres noirs et lointains. Rien et personne n’arrêtera la marche de l’histoire et rien n’arrêtera le processus historique entamé il y a des décennies de cela. Cette provocation ne réussira jamais à porter atteinte à une conscience établie.
De même, ces agissements laissent transparaître les enjeux politiques et géopolitiques. Ils cristallisent un machiavélisme connu et reconnus des dirigeants et une partie de l’intelligentsia visant à subvertir les rapports de force en place, détourner l’attention de l’opinion publique, et y semer la discorde et la zizanie.
Le grand retentissement donné à cette chasse au drapeau fédéral amazigh explique en partie la volonté avérée d’un pouvoir en faillite, qui au lieu de répondre aux réclamations fondamentales et démocratiques, il sévit contre la renaissance berbère et sa visibilité, je dirai, éblouissante et enfin un entêtement sa part à ne pas prendre acte des profondes mutations qui ne cessent d’émerger dans la société.
Par Rachid Oufkir

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